Dans un courrier du 21 septembre 2026 adressé aux préfets, Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, réaffirme l’engagement du Gouvernement à assurer la continuité du financement des pensions de famille et des résidences accueil, y compris pour les opérations ouvrant après 2027. L’Unafo salue cette clarification et appelle à la traduire en engagements budgétaires précis, à la hauteur des besoins des habitants et des gestionnaires.
Les pensions de famille et les résidences accueil constituent un maillon essentiel de la politique du Logement d’abord. Elles permettent à des personnes durablement fragilisées, notamment par des parcours de rue ou d’hébergement, de disposer d’un logement autonome, sans limitation de durée, dans un environnement à taille humaine. La présence quotidienne des hôtes et les liens établis localement notamment avec les acteurs sociaux et de la santé favorisent l’accès aux droits, la lutte contre l’isolement et la reconstruction des parcours.
En demandant aux préfets de poursuivre l’instruction, l’accompagnement et la validation des projets, même lorsque leur ouverture interviendra après 2027, le ministre adresse un signal attendu aux gestionnaires, aux bailleurs sociaux et aux collectivités. L’Unafo appelle les services de l’État à mettre pleinement en œuvre cette instruction : l’échéance du deuxième plan Logement d’abord et l’approche des échéances électorales ne doit pas conduire à suspendre ou à différer les projets nécessaires aux territoires. Alors que le mal-logement continue de progresser en France, l’Unafo soutiendra cette exigence de continuité de la politique publique.
Ce soutien du Gouvernement ne doit toutefois pas rester de l’ordre de la posture et devra s’accompagner de garanties concrètes. Alors que le budget 2027 sera mis en débat à l’Assemblée nationale à partir de la semaine prochaine, l’Unafo appelle à assurer les conditions d’un financement sincère à la hauteur des besoins des structures. Les porteurs de projets ont besoin de cette visibilité pour engager des opérations immobilières qui se construisent sur plusieurs années. Les gestionnaires doivent pouvoir compter sur des financements pérennes et suffisants pour faire vivre les résidences et accompagner leurs habitants.
C’est pourquoi l’Unafo plaide pour une trajectoire budgétaire pluriannuelle permettant de financer les ouvertures programmées et le fonctionnement des structures existantes, d’adapter les financements à l’évolution des charges et des besoins des résidents, et de préparer dès maintenant la poursuite du développement des pensions de famille et des résidences accueil après 2027.
L’atteinte de l’objectif de 10 000 nouvelles places fixé pour la période 2023-2027 doit rester une priorité. Mais 2027 ne saurait constituer un point d’arrêt : les besoins de logement et d’accompagnement demeureront au-delà de cette échéance. La continuité de cette politique publique doit être assurée au-delà des calendriers électoraux.
Enfin, l’Unafo appelle également le Gouvernement à apporter la même visibilité aux autres résidences sociales, qui répondent à la diversité des besoins des territoires : jeunes actifs, salariés modestes, personnes en mobilité ou en situation de précarité. Cela suppose notamment de garantir un financement effectif et pérenne de la gestion locative sociale.
Le soutien réaffirmé aux pensions de famille et aux résidences accueil est évidemment un signal positif, mais il doit désormais se traduire dans les budgets et dans les territoires. Développer le logement accompagné exige de financer durablement les logements et les moyens humains qui permettent aux personnes d’y vivre et de trouver durablement leur place dans la société.