Le collectif Cause Majeur !, dont l’Unafo est membre, salue le dépôt de deux propositions de loi transpartisanes visant à créer un droit opposable à l’accompagnement des jeunes majeurs jusqu’à 25 ans. Portés par des députés issus de plusieurs groupes politiques, ces textes envoient un signal fort à l’approche du futur projet de loi sur la protection des enfants.
Mettre fin aux ruptures de parcours
Pour le collectif, il n’est plus acceptable que tant de jeunes sortant de la protection de l’enfance se retrouvent brutalement sans solution stable après leur majorité. Cause Majeur ! rappelle plusieurs constats alarmants : une forte précarité à l’entrée dans la vie adulte, des inégalités territoriales importantes dans la poursuite de l’accompagnement après 18 ans, ainsi qu’une surexposition aux risques d’errance, d’exploitation et de violences. Le collectif défend donc un principe simple : aucun jeune ne devrait être laissé seul au moment où il a le plus besoin d’un appui pour construire son autonomie.
Un investissement social et économique
Cause Majeur ! souligne également que l’accompagnement des jeunes majeurs n’est pas seulement une nécessité humaine et sociale : c’est aussi un choix rationnel sur le plan économique. En s’appuyant sur son étude Les Vies de Paul, publiée en novembre 2025, le collectif estime que l’absence d’accompagnement dès 18 ans engendre un coût net de plus de 119 000 euros sur l’ensemble de la vie d’un jeune concerné. À l’inverse, un accompagnement jusqu’à 25 ans, garanti par un droit opposable, pourrait générer un gain net pour la société pouvant atteindre 1,8 million d’euros.
Un droit universel pour tous les jeunes concernés
Le collectif rappelle que la loi du 7 février 2022 avait constitué une avancée importante, tout en laissant subsister plusieurs limites, notamment des droits différenciés selon les situations et une interruption possible de l’accompagnement avant 21 ans. Les nouvelles propositions de loi visent à aller plus loin, en affirmant un droit plus clair, plus protecteur et plus universel, pour les jeunes accompagnés par l’Aide sociale à l’enfance comme par la Protection judiciaire de la jeunesse. Cause Majeur ! appelle également à ne pas exclure les jeunes majeurs faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français, estimant que leur statut administratif ne doit pas faire obstacle à leur protection.
Transformer l’essai
Pour Cause Majeur !, les conditions politiques semblent aujourd’hui réunies pour franchir une nouvelle étape. Le collectif rappelle qu’au moment des débats budgétaires, 92 député·es allant de LFI à LR avaient déjà soutenu un amendement prévoyant la création d’un fonds de 800 millions d’euros pour accompagner les jeunes majeurs jusqu’à 25 ans. Si cet amendement n’a pas abouti, ce vote transpartisan témoigne d’un consensus croissant sur la nécessité d’investir dans l’avenir des jeunes sortant de la protection de l’enfance. L’heure est désormais à la concrétisation.
Une mobilisation à laquelle l’Unafo prend part
En tant que membre du collectif Cause Majeur !, l’Unafo partage cette conviction : sécuriser les parcours des jeunes majeurs est une condition essentielle pour prévenir les ruptures, lutter contre la précarité et permettre un véritable accès à l’autonomie. À travers leur engagement quotidien, les acteurs du logement accompagné savent combien la stabilité résidentielle, l’accompagnement dans la durée et la coordination des réponses sont décisifs pour éviter qu’un passage à la majorité ne se transforme en bascule vers l’exclusion.
