L’Unafo s’associe à une mobilisation inter-associative en Grand Est pour alerter sur les conséquences des nouvelles orientations nationales relatives à l’intermédiation locative (IML) dans le parc social.
Dans un courrier adressé à la DREETS Grand Est, l’Union régionale Hlm du Grand Est, la FAS Grand Est, l’Unafo, l’URHAJ Grand Est, l’URIOPSS Grand Est, le collectif ALERTE Grand Est et la Fapil demandent le réexamen de la trajectoire annoncée par la DIHAL. Celle-ci prévoit de réduire à 10 % la part des places d’IML dans le parc social d’ici 2028, avec une première baisse engagée dès 2026.
Des réalités territoriales à prendre en compte
Les signataires partagent l’objectif de développer la mobilisation du parc privé à vocation sociale. Mais ils rappellent que cette orientation ne peut être appliquée uniformément, sans tenir compte des réalités territoriales. En Grand Est, l’IML dans le parc social représente aujourd’hui 54,27 % des places existantes. Dans plusieurs territoires, la captation dans le parc privé reste très difficile, en raison de la tension locative, du niveau des loyers, de l’état du parc ou encore du manque d’attractivité des dispositifs existants pour les propriétaires.
Pour les associations, l’IML dans le parc social constitue un levier indispensable pour loger les ménages les plus précaires, notamment lorsque l’offre de logements très sociaux est insuffisante ou lorsque les ressources des personnes ne permettent pas l’accès à un logement dans le parc privé, même conventionné. Sa réduction brutale risquerait d’allonger les durées de prise en charge dans l’hébergement, de fragiliser les parcours d’insertion et de contredire les objectifs du Logement d’abord.
Des conséquences fortes pour les associations et les bailleurs
La fermeture de 2 817 places en trois ans aurait également des conséquences importantes pour les acteurs associatifs, déjà confrontés à une fragilisation de leur modèle économique. La baisse annoncée des financements, autour de 1 700 euros par place, ne permettrait plus de couvrir les coûts réels de gestion locative, les risques d’impayés, de vacance ou de remise en état. Elle pourrait aussi renforcer les difficultés de recrutement dans les métiers du travail social, alors même que les besoins d’accompagnement augmentent.
Les signataires appellent donc à une approche territorialisée et progressive. Ils demandent la révision des objectifs de suppression de places, en particulier pour 2026, ainsi qu’une clarification rapide des conditions de mobilisation de l’IML dans le parc public et des nouvelles règles de financement.
Cette mobilisation inter-associative rappelle une exigence essentielle : les politiques publiques du logement doivent s’appuyer sur les réalités de terrain, les besoins des ménages et les coopérations construites entre associations et bailleurs sociaux. C’est à cette condition que l’IML pourra continuer à jouer pleinement son rôle dans les parcours vers le logement.