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FJT, RSJA : deux solutions complémentaires pour accompagner les jeunes vers l’autonomie


Bien que souvent très connectés, de plus en plus de jeunes déclarent se sentir seuls. D’un simple sentiment de solitude à un véritable isolement relationnel, le manque ou l’absence d’interactions peuvent avoir un effet délétère notamment sur la santé mentale. C’est pourquoi le logement accompagné s’attache à faire du lien social un pivot de son accompagnement et ce particulièrement dans les dispositifs destinés aux jeunes.

Tout au long de l'été l'Unafo vous propose une immersion dans les dispositifs du logement accompagné avec une série d'article mettant à l'honneur résidents, acteurs de terrain  et initiatives innovantes.

Repères

  • 35% des jeunes âgés de 25 à 39 ans déclarent se sentir seuls
  • Les dispositifs de logement accompagné dédiés aux jeunes proposent un accompagnement individuel mais aussi collectif qui contribue à la création de lien social
  • Les Foyers de Jeunes Travailleurs (FJT) ou Habitat Jeunes sont dédiés aux jeunes de 16-25 ans, voire 30 ans, engagés dans un parcours d’insertion professionnelle, d’apprentissage. Ils proposent un accompagnement orienté vers l’autonomie des jeunes porté par un projet socio-éducatif dédié.
  • Les résidences sociales jeunes actifs (RSJA) sont dédiées aux jeunes de moins de 30 ans.
  • Dans les deux cas, l’accueil de familles monoparentales ou de couples, avec ou sans enfants y est possible.

Le lien social serait-il en panne en France ? C’est ce que laisse sous-entendre une récente étude sur les solitudes publiée par la Fondation de France en 2025 : si 11% des Françaises et Français de plus de 15 ans se trouvent dans une situation concrète d’isolement relationnel, le sentiment de solitude lui touche près d’une personne sur quatre (24%). Et contrairement à certaines idées reçues, ce n’est pas forcément chez les séniors que cette impression est la plus forte.

Selon l’étude, le sentiment de solitude atteint un pic chez les jeunes actifs âgés de 25 à 39 ans, avec plus d’1 sur 3 qui se sent particulièrement seul, soit deux fois plus que les 60-69 ans. Une réalité bien identifiée par les acteurs du logement accompagné. « Le secteur a connu un net rajeunissement des publics accueillis depuis 20 ans, une nouvelle offre s’est d’ailleurs développée pour répondre à ces enjeux avec les résidences sociales jeunes actifs (RSJA) qui complètent les solutions proposées depuis l’après-guerre par les Foyers de Jeunes Travailleurs (FJT) ou Habitat Jeunes » souligne Pierre-Marc Navales, chargé de mission logement des jeunes à l’Unafo.

Loger et accompagner la jeunesse, dans toute sa diversité

Ces deux dispositifs répondent à des besoins différents mais complémentaires. Les FJT s’adressent prioritairement aux 16-25 ans en activité ou en insertion (étudiants salariés, alternants, stagiaires, demandeurs d’emploi), destinés à des jeunes ayant besoin d’un accompagnement socio-éducatif sécurisant leur entrée dans la vie active. Les RSJA sont des résidences sociales classiques mais dont le projet social cible les jeunes de moins de 30 ans. Ils peuvent également accueillir des familles monoparentales ou des couples, avec ou sans enfants.

Mais surtout, les deux dispositifs ont également en commun l’accompagnement spécifiquement adapté aux problématiques et enjeux de la jeunesse, mis en place par les équipes autour de l’insertion et de l’accès aux droits, que de la création d’un lien social durable. Les foyers de jeunes travailleurs bénéficient d’un agrément spécifique de par leur fonction socio-éducative qui renforce l’accompagnement personnalisé et les actions collectives de sensibilisation et d’information sur la vie quotidienne, l’emploi, la mobilité, la formation, les loisirs ou encore la culture.

« Si une partie des jeunes que l’on accueille sont des étudiants ou des alternants qui ont déjà un réseau à l’extérieur et ne sont là que pour dormir, d’autres sont beaucoup plus demandeurs d’occasions de croiser des gens et d’échanger », explique Emilie Montagard, responsable de la résidence Adoma « Kamino » de Miramas (13). « Ce sont par exemple les intérimaires, qui ne sont pas forcément originaires de la région, ou des réfugiés arrivés très jeunes en France et qui n’ont pas tous leurs repères ici ».

Prévenir l’isolement et accompagner vers l’autonomie

La force de ces dispositifs est donc de s’adapter aux situations et aux besoins très différents de ces jeunes. Les équipes qui gèrent les sites s’appuient notamment sur les acteurs locaux (associations, acteurs de la solidarité ou de la santé…), pour proposer un accompagnement sur-mesure mais aussi des moments collectifs qui permettent de nouer un contact, s’ouvrir aux autres et se préparer à la suite.

« Comme la plupart des dispositifs de logement accompagné, les FJT et les RSJA ont avant tout vocation à sécuriser l’entrée dans la vie d’adulte et à être un tremplin vers un logement autonome », rappelle Pierre-Marc Navales. « Le turnover y est d’ailleurs en moyenne plus important que sur les résidences sociales généralistes (30% en moyenne contre 15% sur les résidences généralistes). Ces quelques mois doivent donc être l’occasion de préparer les jeunes pour la suite de leur parcours résidentiel, tout en les aidant à régler les difficultés qu’ils pourraient avoir ».

C’est pour cette raison que de plus en plus de collectivités s’intéressent à ce dispositif, notamment depuis son intégration en 2019 dans la circulaire relative au développement du logement étudiants et jeunes actifs en France – et qui se fixait pour objectif la création de 60 000 places dont 10 000 en résidences jeunes actifs.

« Pour les territoires, la présence de RSJA est un atout car c’est un dispositif complémentaire de l’offre de logement étudiant et de logement jeune classique », explique Michel Kessouari, directeur interrégional sud-ouest d’Adoma. « À une époque où de plus en plus de jeunes ont du mal à se loger ou rencontrent des difficultés d’insertion voire de santé mentale, elles offrent un logement abordable, bien situé, et adossé à un accompagnement sur-mesure. Cet environnement collectif est précieux quand on se retrouve seul pour la première fois et qu’on a besoin de prendre ses marques ».

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