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Dans les résidences sociales pour jeunes actifs, des équipes mobilisées pour créer du lien

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Dans des résidences où les jeunes passent sans toujours se rencontrer, les équipes s’emploient chaque jour à faire émerger du collectif.

Tout au long de l'été l'Unafo vous propose une immersion dans les dispositifs du logement accompagné avec une série d'article mettant à l'honneur résidents, acteurs de terrain  et initiatives innovantes.

Dans les résidences sociales jeunes actifs (RSJA), le lien social ne se décrète pas : il se construit au quotidien, grâce à des équipes qui ne ménagent pas leurs efforts pour susciter l’envie d’être et de faire des choses ensemble. Il faut dire que le rythme de vie des publics accueillis (des jeunes de 18-30 ans) diffère parfois des résidences sociales généralistes : qu’ils soient salariés, alternants, stagiaires, demandeurs d’emploi, en formation ou en mobilité, la plupart sont absents en journée, ce qui impose d’ajuster l’accompagnement et les moments collectifs en soirée voire aux week-ends.

« Les équipes qui gèrent les sites doivent adapter leur accompagnement au rythme de vie des jeunes », explique Thierry Zedouard, directeur territorial adjoint pour Adoma en Île-de-France. « Il faut aussi composer avec le fait que ces publics n’ont pas toujours envie de participer spontanément à la vie collective : certains vont être très demandeurs d’animations tandis que d’autres vont au contraire se contenter du minimum de contacts avec les autres résidents et avec nos professionnels ».

Des lieux pensés pour le collectif

Ce sont donc d’autres manières de créer du lien et d’intéresser les jeunes qu’il faut inventer. Pour cela, l’organisation des RSJA joue un rôle important, à commencer par les salles polyvalentes qui font souvent office de point de ralliement.  « C’est un espace central de la vie des résidences où les gens se croisent et où l’enjeu est de leur donner envie de rester et de partager un moment », reprend Thierry Zedouard. « Les équipes peuvent y organiser aussi bien des moments conviviaux, des soirées, des repas, que des rendez-vous un peu plus thématiques autour de sujets qui intéressent les jeunes comme la contraception, la parentalité, la santé mentale… ».

Omniprésente au sein du logement accompagné, la dimension partenariale de l’accompagnement est particulièrement développée en RSJA. Que ce soit avec les institutions publiques (CAF, CCAS…), des entreprises, des organismes de formation, ou les secteurs associatifs et culturels (médiathèques, centres socio-culturels, compagnies artistiques, acteurs de la santé…), c’est toute une dynamique collective qui se créée à l’intérieur et autour des RSJA, avec au centre le travail de coordination mené par les gestionnaires.

 

« Moi je connais les résidents, et je sais repérer quand quelqu’un ne va pas bien ou a besoin de parler », détaille Marouane Latif, responsable de la résidence Kamino La Colline à Élancourt (78). « Certains sont très autonomes mais pour d’autres, notre présence est nécessaire. Ensuite, selon les sujets et leurs besoins, je peux les orienter vers notre médiateur social qui fait des permanences chaque semaine, vers un Responsable d’Insertion Sociale pour les questions d’emploi et de formation, ou vers les associations et organismes locaux avec qui nous avons des partenariats ».

Trouver les formats et les sujets pour susciter l’intérêt

Mais il ne suffit pas de proposer des activités, encore faut-il réussir à faire participer les résidents. Et là encore, les gestionnaires doivent parfois redoubler d’inventivité pour s’assurer de la participation des résidents. « Les jeunes, c’est un public assez furtif et discret : pour les faire venir, il faut les solliciter, les rappeler, leur envoyer des SMS, aller frapper chez eux », explique Emilie Montagard, responsable de la résidence Adoma Kamino de Miramas (13). « Ils ne se projettent pas toujours dans le collectif, donc nous essayons d’imaginer des animations un peu originales, comme des réunions avec le planning familial, des job datings avec des boîtes d’intérim, ou des moments plus ludiques comme des escape games et des soirées pizza ».

Dans ces lieux de passage, où les séjours sont par nature temporaires, chaque interaction compte et chaque activité est une occasion supplémentaire de créer un contact, de rompre l’isolement et de faire émerger, peu à peu, du collectif là où il n’allait pas forcément de soi.