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L’Unafo a appris avec émotion la disparition de Louis Besson, ancien ministre du Logement, député de la Savoie et maire de Chambéry. Grand défenseur du logement pour tous, il laisse une empreinte profonde dans l’histoire des politiques du logement. Son nom reste attaché à des avancées majeures pour le droit au logement et la prise en compte des besoins des personnes les plus fragiles.

Louis Besson aura marqué durablement la vie publique nationale mais aussi locale en Savoie, son département natal dans lequel il sera président du Conseil général, député pendant plus de 15 ans puis maire de Chambéry. Il fut appelé au Gouvernement par Michel Rocard en 1989 puis de nouveau en 1997 par Lionel Jospin. À travers ses différentes responsabilités il aura notamment porté la conviction forte que le logement n’est pas seulement une question d’aménagement et de construction, mais une condition essentielle de la dignité, de l’inclusion et de la cohésion sociale.

 

La loi Besson I de mai 1990, un texte fondateur

La loi du 31 mai 1990, qui porte le nom de Louis Besson, visant la mise en œuvre du droit au logement a constitué un tournant majeur dans l’histoire des politiques publiques du logement. Elle affirme que « garantir le droit au logement constitue un devoir de solidarité pour l’ensemble de la nation » et que toute personne en difficulté doit pouvoir accéder à un logement décent et indépendant ou de s’y maintenir. Plus qu’une vision, ce texte a également structuré des outils essentiels, en particulier les plans départementaux d’action pour le logement des personnes défavorisées ainsi que le fonds de solidarité pour le logement (FSL), qui structurent et financent les aides d’accès et de maintien dans le logement et les mesures d’accompagnement social associées. C’est également dans le prolongement de cette loi fondamentale que sont nées en 1995 les résidences sociales.

 

Une vision qui éclaire aujourd’hui encore le logement accompagné

Pour le secteur du logement accompagné, cette loi a représenté bien davantage qu’une réforme juridique car elle installe une conviction profonde. Celle que l’accès au logement des personnes en situation de précarité ne peut être pensé sans accompagnement, sans coordination locale, sans mobilisation d’une offre adaptée et sans l’engagement des gestionnaires et professionnels de terrain. En reconnaissant le rôle des associations, des acteurs locaux et des dispositifs d’accompagnement dans l’accès et le maintien dans le logement, elle trouve aujourd’hui un prolongement concret dans la politique du Logement d’abord et a contribué à ouvrir la voie, par la formalisation du statut des résidences sociales, aux solutions que défend aujourd’hui notre secteur.

 

La loi SRU, pour une plus grande solidarité territoriale

L’action de Louis Besson a également marqué la loi du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU), qui confirme sa vision en faisant du logement une responsabilité collective, indissociable de la cohésion sociale. Cette loi qui sert de référence encore aujourd’hui, impose en effet à certaines communes de disposer d’une part minimale de logements sociaux. Cette loi a contribué à rappeler que l’effort de solidarité ne pouvait reposer que sur quelques territoires mais devait être partagé à l’échelle des bassins de vie. Pour le logement accompagné, cet héritage est central : en favorisant une meilleure répartition de l’offre sociale, la loi SRU a facilité les conditions d’implantation de solutions de logement destinées aux personnes en situation de précarité et en phase avec les besoins des territoires.

Alors que le logement demeure un enjeu sociétal de premier plan et que des vents contraires se lèvent, l’héritage de Louis Besson conserve une force particulière et nous oblige. Par la vision qu’il portait et les valeurs humaines qui étaient les siennes, Louis Besson a fait du droit au logement un principe d’action publique concret en l’articulant à des outils d’accompagnement. Il a contribué activement à fonder une approche dont le logement accompagné est aujourd’hui l’une des expressions concrètes. L’Unafo salue la mémoire d’un responsable politique de haute valeur et dont les engagements doivent continuer d’éclairer les combats pour permettre à chacun d’accéder à un logement digne et de s’y maintenir.