Ce mardi 3 février, la Fondation pour le Logement des Défavorisés à présenté son 31 rapport sur l’état du mal-logement en France, cette année encore les constats sont alarmants. La crise du logement qui touche notre pays est profonde, durable, touche des publics de plus en plus nombreux et prend des formes de plus en plus invisibles. En 2026 ce sont ainsi 4,2 millions de personnes qui sont touchées par le mal-logement en France
Une aggravation continue de la crise du logement
Le rapport de la Fondation pour le Logement estime à 4,2 millions le nombre de personnes mal-logées en France, parmi elles, plus d’un million sont privées de logement personnel : personnes sans domicile, hébergées à l’hôtel, en habitat de fortune ou hébergées chez des tiers. Ce sont également près de 350 000 personnes qui peuvent être considérées comme sans-domicile au sens de l’Insee. Depuis quelques années, la Fondation alerte notamment particulièrement sur la situation des enfants à la rue dont le nombre ne cesse de croitre, conséquence notamment d’une saturation chronique de l’hébergement d’urgence qui conduit chaque jour à des refus de prise en charge.
L’hébergement chez des tiers, un mal-logement invisible
Le rapport sur l’état du mal-logement met chaque année en lumière une dimension spécifique, parfois méconnue du mal-logement. En 2026, la Fondation s’intéresse à la question de l’hébergement contraint chez des tiers, qui concernerait environ 640 000 personnes en France. Solution souvent mobilisée de façon transitoire, ce mode d’hébergement peu visible, témoigne de situations de grande précarité qui ont tendance à se pérenniser du fait de l’embolie sur le marché du logement et notamment de l’insuffisance de solutions de logement abordable. L’hébergement contraint chez des tiers fragilise d’autant plus les personnes qu’il peut créer une dépendance administrative, une instabilité permanente voire des rapports de domination et de maltraitance. Par ailleurs, ce phénomène touche des publics variés tels que les jeunes adultes empêchés de décohabiter, les personnes en rupture familiale, les sortants d’institutions, les personnes âgées ou exilées et met ainsi en lumière des parcours résidentiels régulièrement obstrués.
Des politiques publiques défaillantes face à l’ampleur des besoins
Si l’aggravation du mal-logement en France ne date pas d’hier, celle-ci est fortement aggravée par une austérité budgétaire qui touche de plein fouet le secteur du logement. En témoigne notamment la baisse de la production de logements sociaux et une forte augmentation du nombre d’expulsions locatives depuis les années Covid. Dans le même temps, la demande va croissante avec un nombre record de demandes de logement social en cours : près de 2,9 millions de ménages sont en attente. Dans ce contexte, les mesurettes et réponses d’urgence ne suffisent plus et les acteurs du logement appellent à un véritable changement de cap et d’ambition permettant de faire du logement un axe central de la protection sociale en France.
Le logement accompagné, une réponse éprouvée de lutte contre le mal-logement
Face à ces différents constats, la Fondation pour le Logement rappelle la nécessité de s’engager résolument, et avec des moyens à la hauteur des besoins, dans des réponses faisant appel aux principes du Logement d’abord. Il s’agit notamment de développer des solutions pérennes, adaptées à la diversité des situations des personnes et des territoires. En cela, le logement accompagné constitue une réponse diversifiée et de qualité en proposant des solutions de logement accessibles et une sécurisation des parcours grâce à un accompagnement social individualisé en résidence. Véritable tremplin vers le logement social classique ou le parc privé, il permet par ailleurs de prévenir les ruptures et éventuels retours à la rue. Résidences sociales, pensions de famille, foyers de jeunes travailleurs, constituent ainsi autant de passerelles essentielles entre la rue ou l’hébergement et le logement de droit commun.
Si les grandes orientations de la politique du logement restent une compétence nationale, les collectivités ont un rôle déterminant à jouer dans la lutte contre le mal-logement. À quelques semaines des élections municipales, l’ensemble des acteurs du logement appelle les futurs élus à s’engager pleinement en soutenant la production de logements sociaux et très sociaux, et à soutenir autant que possible les acteurs associatifs qui œuvrent quotidiennement au déploiement effectif du Logement d’abord sur les territoires.
Consulter le rapport et ses synthèses : https://www.fondationpourlelogement.fr/reml-2026/