Le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) vient de rendre public un avis sur la santé dans les Outre-mer. A l'accès inégal aux soins, s'ajoute une offre insuffisante et mal coordonnée. Le recrutement et la fidélisation des professionnels de santé affectent l’organisation et la continuité des soins. Autant de constats qui viennent objectiver les réalités que vivent nombre d’adhérents de l’Unafo.
S’il est impossible de généraliser les situations, force est de constater qu’elles sont souvent plus délicates que dans l’hexagone et que des actions fortes doivent être menées pour réduire les inégalités et permettre à chacun de vivre en bonne santé. Sont mis en avant dans l’avis un accès inégal aux soins, une offre insuffisante et mal coordonnée, des difficultés particulièrement importantes dans le recrutement et la fidélisation des professionnels de santé et enfin, une défiance envers les institutions sanitaires.
Des besoins de résidences sociales en lien avec les spécificités démographiques des DROM
Les réalités démographiques des DROM accentuent certaines problématiques. En effet, le vieillissement aux Antilles et à un moindre degré à La Réunion, sont des réalités très fortes : les deux départements antillais sont parmi ceux qui connaissent la plus forte proportion de personnes âgées, accentuée par des départs très nombreux dans l’Hexagone des plus jeunes.
L’avis du CESE rappelle l’insuffisante couverture en EHPAD dans les DROM mais c’est toute l’offre en faveur des ainés qui est carencée, notamment en raison de la très récente mise en place de l’APL-foyer, qui a freiné le développement de cette offre spécifique. Alors que de nombreux débats agitent les réflexions nationales autour du « virage domiciliaire », les DROM doivent se saisir des opportunités de développer des résidences autonomie, des résidences sociales et pensions de famille qui logeront des personnes âgées précarisées, isolées, en faible perte d’autonomie. Cependant, il convient que les services médico-sociaux qui accompagnent ces personnes puissent aussi être présents pour apporter les services nécessaires. L’avis Soulignant une offre déficitaire et fonctionnant trop en silo, l’avis préconise notamment de lancer un plan de rattrapage de l’offre médico-sociale dans ces territoires.
La jeunesse et la forte immigration de la Guyane et de Mayotte ont également des effets majeurs en termes de politiques de santé dans ces deux départements. Sur ces deux territoires l’offre de soins est aussi particulièrement mal assurée sur tous les segments. Il en est de même pour l’offre en logements accompagnés, en structures sociales et médicosociales.
Des problèmes sanitaires accentués par la plus grande pauvreté
L’avis souligne des problématiques de santé propres aux outremers, liées le plus souvent à la plus grande précarité des ultramarins : une mauvaise alimentation liée aussi à des taux de sucre plus importants dans les sodas ; un accès à l’eau potable localement compliqué notamment à Mayotte mais aussi en Guadeloupe ; des pollutions importantes (chlordécone aux Antilles, mercure en Guyane, …) ; des maladies infectieuses encore présentes comme le chikungunya… Cet ensemble de facteurs se traduit par une prévalence plus forte en matière de maladies cardio-vasculaires, de diabète et de cancers.
Les réponses aux problèmes de santé des femmes apparaissent comme largement insuffisante : contraception, suivi de la maternité, …
Parmi les problèmes de santé auxquels sont particulièrement confrontés les opérateurs de logements accompagnés : celle de santé mentale et les addictions. Le taux de dépression notamment chez les jeunes est nettement plus élevés dans les outremers et l’offre de soins très nettement insuffisante.
Si les conduites addictives semblent plus faibles que dans l’Hexagone, elles semblent en augmentation en particulier auprès des jeunes ; l’alcool notamment, en raison d’une moindre dissuasion fiscale à des effets importants en particulier chez les adultes.
17 préconisations
L’avis relève de nombreuses situations d’inégalités flagrantes entre les territoires d’outremers et l’Hexagone. Pour y remédier, il propose 17 préconisations, allant entre autres de la systématisation des Projets régionaux de santé à la mise en œuvre d’une gestion prospective de la démographie des soignants. Pour l’Unafo, c’est tout le continuum de la santé au logement en passant par les actions sociales et médicosociales qu’il convient d’appréhender et pour lesquelles il convient d’engager un rattrapage.
Le logement accompagné a en effet tout son rôle à jouer : loger les publics précaires, c’est leur permettre de se poser, d’être accompagné pour un meilleur accès et recours au soin. C’est aussi un tremplin et parfois une solution pour sortir de la rue et des risques qui y sont rattachés.
Consulter l’avis du CESE : Santé dans les Outre-mer, agir pour une égalité réelle entre tous les citoyens | Le Conseil économique social et environnemental