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Yves Rauch, Chef de projet pour le logement des étudiants et des jeunes actifs à la DHUP revient pour Action Habitat, sur le plan logement jeunes.

Logement jeunes

Il faut s’appuyer sur la complémentarité des dispositifs

Yves Rauch, Chef de projet pour le logement des étudiants et des jeunes actifs, Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages (DHUP)

Quelle place le logement occupe-t-il dans le quotidien des jeunes en France aujourd’hui ?

Yves Rauch : Le logement est le premier poste de dépense dans le budget de l’étudiant comme du jeune actif. C’est pourquoi une attention plus particulière est portée à l’offre de logement étudiant à caractère social et aux différentes réponses aux besoins des jeunes actifs. Plus largement, le logement ne doit pas être un frein aux études que l’on souhaite suivre ou à l’emploi que l’on souhaite rejoindre, surtout en début de carrière : des réponses appropriées et immédiates doivent donc être développées pour aider, au moins temporairement, les jeunes à choisir et non pas subir leur lieu de vie. L’accès à un premier véritable logement constitue la première étape d’un « parcours résidentiel » : il doit donc s’agir d’un logement de qualité.

La production de logement, notamment social, a baissé ces dernières années : cela vous inquiète-t-il ?

YR : La production de logement social a baissé en 2020 en raison de la crise sanitaire et aussi du calendrier particulier du renouvellement des exécutifs locaux qui a suspendu pendant quelques mois les prises de décision. Mais les conditions du développement de l’offre me semblent réunies en 2021, avec à la fois une sortie progressive de la crise sanitaire et des exécutifs locaux en place et mobilisés sur les questions de logement. J’ajouterai que les jeunes sont l’une des priorités du protocole national pour la relance de la production de logements sociaux en 2021 et 2022 signé en mars dernier, et que les opérations de logements sociaux à destination des jeunes bénéficieront d’un soutien financier renforcé d’Action Logement dans le cadre de l’avenant 2021-2022 à la convention quinquennale 2018- 2022.

Le plan 80 000 logements porté par le gouvernement visait à répondre aux besoins des jeunes. Quel bilan peut-on dresser à quelques mois de la présidentielle ?

YR : Je vois au moins deux éléments très favorables qui sont de nature à contribuer au développement des réponses attendues aux besoins en logement des jeunes. D’une part, la mobilisation partenariale locale a été renforcée depuis 2019 sur la base des orientations ministérielles de la circulaire du 29 juillet 2019. L’ensemble des acteurs sont mobilisés dans une ambition commune, qu’il s’agisse des collectivités, des services de l’État, des acteurs du logement social ou des réseaux nationaux de l’habitat jeunes que sont l’UNHAJ, l’Unafo ou l’UNCCLAJ. D’autre part, ce dialogue qui se nourrit de la connaissance développée par les observatoires territoriaux du logement des étudiants (OTLE) portés depuis 2019 par les collectivités locales et leurs agences d’urbanisme, peut profiter depuis cette année de l’élargissement de l’observation à l’ensemble des questions relatives au logement des jeunes.

Cela suffira-t-il à faire émerger une offre localement ?

YR : En tout cas, ce sont les territoires qui font face aux besoins et qui sont donc en situation d’apporter les réponses, en s’appuyant notamment sur la connaissance développée par ces OTLE. Sur chaque territoire, les enjeux bien identifiés peuvent être pris en compte dans les démarches engagées par les exécutifs locaux renouvelés en 2020 : programme local de l’habitat (PLH) et plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). Mais il est possible d’avancer dès à présent : le logement jeunes est une priorité au niveau national, il faut donc s’appuyer sur la complémentarité des dispositifs pour répondre à ce public très divers et aux besoins différents.

Le logement accompagné offre de vraies solutions pour une partie des publics jeunes, notamment ceux en situation de précarité : comment favoriser l’émergence de projets partout sur le territoire ?

YR : C’est une fois de plus aux territoires de fixer leurs priorités, au regard des différents dispositifs existants. Cela suppose que ces dispositifs soient bien connus ce qui, il est vrai, n’est pas toujours le cas. Il y a un travail de pédagogie qui doit être mené sur le terrain. Il est évident que l’on n’accueillera par les mêmes profils en Foyer de Jeunes Travailleurs (FJT) où il y a un vrai accompagnement socio-éducatif qu’en résidence sociale jeunes actifs.  Ces profils différents justifient l’existence de produits différents, c’est une richesse sur laquelle il faut capitaliser, en évitant d’opposer les solutions.

Comment trouver le juste équilibre ?

YR : Il faut sans doute encourager davantage les FJT qui sont plus difficiles à monter mais qui, par l’accompagnement socio-éducatif qu’ils proposent, répondent à un besoin très spécifique. Il faut aussi un juste équilibre : les projets de résidences sociales jeunes actifs ne doivent pas « évincer » d’autres projets de FJT et de résidences sociales généralistes. La Drihl a dû intervenir en Île-de-France car il y a eu à un moment un effet d’enthousiasme pour ce dispositif qui s’est fait au détriment des autres. C’est pour cela aussi que la connaissance locale doit être renforcée et valorisée dans l’ajustement de réponses plurielles aux différents besoins, en s’appuyant sur les acteurs locaux (bailleurs sociaux, gestionnaires, CLLAJ…) qui connaissent parfaitement les publics.

Qu’attendez-vous de l’article 109 de la loi ELAN et d’un engagement des bailleurs sur des baux temporaires adaptés à des jeunes aux revenus plus faibles ?

YR : C’est un outil complémentaire aux besoins en logement des jeunes. Avant la loi ELAN, l’accès au parc social était compliqué pour les jeunes, du fait d’une faible rotation, de la prise en compte de l’ancienneté́ des demandes et des critères de priorité́ pour certains publics. L’article 109 ouvre de nouvelles opportunités pour les jeunes de moins de 30 ans en permettant de leur réserver prioritairement un certain nombre de logements sociaux, et il est encourageant de voir que les organismes HLM se sont rapidement saisis de ce nouvel outil au service du logement des jeunes, avec plusieurs nouvelles opérations financées dès 2020, par exemple dans les métropoles de Lyon, Nantes, Rennes ou encore à Vitré. Le décret du 4 août 2021 étend les dispositions au parc social existant.

 

UNHAJ = union nationale pour l’habitat des jeunes
UNCLLAJ = union nationale des comités locaux pour le logement autonome des jeunes