A l’approche des élections municipales de mars 2026, le Collectif des Associations pour le Logement (CAL), dont l’Unafo est membre, vient de rendre public son plaidoyer «Agir comme maire pour le logement» afin de garantir le droit au logement à l’échelle de la commune. En 10 axes majeurs, ce plaidoyer développe ce que doit être une politique municipale du logement pour protéger les plus défavorisés.
En 2025, tous les indicateurs du mal-logement étaient au rouge et face à cela, le Collectif des Associations pour le Logement a attaqué l’État en justice pour Non-assistance à personnes mal logées. Garantir le droit au logement à l’échelle de la commune est essentiel, notamment pour accéder aux droits à la santé, à l’éducation ou encore à l’emploi. Dans ce sens, les 40 associations, dont l’Unafo, que composent le CAL ont rédigé un plaidoyer pour montrer comment une politique de logement municipale adaptée peut protéger les plus défavorisés.
Garantir l’accès au logement pour les plus précaires et les publics spécifiques
L’urgence principale est de mettre en œuvre le principe du « Logement d’abord », qui consiste à offrir un logement pérenne et de droit commun aux personnes sans abri, directement et sans condition préalable. Cette politique prévoit notamment la production de résidences sociales (généralistes et jeunes travailleurs) et de pensions de famille. Cela passe également par le recensement des sans-abris et le renforcement des outils de l’action sociale, notamment en attribuant en priorité les logements sociaux aux personnes sans domicile. Le CAL insiste également sur l’accueil inconditionnel et digne des personnes exilées, appelant les communes à se déclarer « territoire accueillant » pour compenser le désengagement de l’État. Enfin, il préconise l’arrêt des expulsions sans solution de lieux de vie informels (bidonvilles, squats), en privilégiant une approche par l’accompagnement social global et sur le long terme vers l’emploi et le logement.
Réguler le marché immobilier et améliorer la qualité du parc existant
Il est primordial que les municipalités respectent la loi SRU sur la production de logements sociaux (quota de 20 ou 25% de logements sociaux dans chaque commune tendue) et combattent la discrimination dans les attributions HLM. Concernant le parc privé, le plaidoyer demande aux élus de défendre et de renforcer l’encadrement des loyers. Il propose de mieux contrôler et sanctionner les abus, en permettant notamment aux collectivités de percevoir les amendes pour financer des services dédiés. Une régulation forte des meublés touristiques et des résidences secondaires est aussi mise en avant, en s’appuyant sur les nouveaux outils législatifs (loi de novembre 2024) permettant de limiter la durée de location et d’instaurer des quotas par quartier. Enfin pour garantir la dignité de logement pour tous, la lutte contre l’habitat indigne, les marchands de sommeil et la précarité énergétique constituent des sujets cruciaux.