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L’Unafo rencontre Emmanuelle Wargon, Ministre du Logement

Le 9 octobre dernier, Jean-Paul Vaillant, président de l'Unafo et Arnaud de Broca le délégué général  ont rencontré Emmanuelle Wargon, Ministre du logement

Emmanuelle Wargon, Ministre du Logement, a accordé un entretien à l’Unafo, retranscrit ci-dessous et dans son prochain magazine Action habiat.

La crise sanitaire a montré l’importance d’avoir un logement. Quels enseignements en tirez-vous pour la politique du logement d’abord ? Est-ce que cela vous conduit à l’accélérer ? Quels enjeux sont pour vous prioritaires ?

La crise a en effet montré que les personnes les plus protégées étaient celles qui avaient un toit et un logement individuel. Dans le programme « Un chez soi d’abord » ou dans les pensions de famille par exemple, les personnes ont été peu exposées au virus, contrairement à celles qui vivent dans des structures collectives. Cela a renforcé la pertinence du Logement d’abord et ma volonté d’aller plus loin et de renforcer cette stratégie. En 2021, 65 millions d’euros supplémentaires vont être consacrés au déploiement du logement d’abord, avec la revalorisation du forfait des pensions de famille et le développement de l’intermédiation locative par exemple. Pour favoriser une meilleure orientation vers le logement des personnes sans domicile fixe, 150 ETP supplémentaires vont être recrutés dans les SIAO. Enfin, de nouveaux territoires de mise en oeuvre accélérée du Logement d’abord vont être sélectionnés, en plus des 23 déjà existant. Par ailleurs, le plan de relance consacre 100 millions d’euros à l’adaptation de l’offre d’hébergement et de résidences sociales, avec des crédits dédiés à l’humanisation des centres d’hébergement ou à la rénovation des foyers de travailleurs migrants.

Le logement accompagné recouvre les résidences sociales, les foyers de travailleurs migrants, foyers de jeunes travailleurs et pensions de famille. Dans une récente étude, l’Unafo a mis en évidence le rôle clé joué par le logement accompagné dans la politique du logement d’abord et plus spécifiquement dans l’accès au logement : 40% des entrants proviennent directement de la rue ou d’un centre d’hébergement. Quelle politique comptez-vous mener pour développer le logement accompagné et plus particulièrement les résidences sociales ? Envisagez-vous des objectifs chiffrés pour l’ensemble des résidences sociales, au même titre que les objectifs de développement des pensions de famille ou de l’intermédiation collective ?

L’accompagnement social est la clé du Logement d’abord. Il doit être développé en fonction des besoins des personnes et permettre leur accès et leur maintien dans le logement. Les résidences sociales sont une offre pertinente pour le Logement d’abord et des objectifs de développement pourront être identifiés en 2021, comme pour les pensions de famille ou l’intermédiation locative.

La crise a mis en avant la situation dans les foyers de travailleurs migrants. L’Unafo milite pour une accélération de ce plan lancé en 1997. Cela nécessite une volonté politique forte mais aussi des moyens financiers. L’Unafo a relevé que le plan de relance mentionne l’accélération du plan de traitement des foyers de travailleurs migrants (ainsi d’ailleurs que la création de résidences sociales). Pouvez-vous préciser comment vous compter vous y prendre et quel budget y sera consacré, la somme de 100 millions annoncés pour l’ensemble des actions étant sous-dimensionnée ?

L’accélération du traitement des foyers de travailleurs migrants constitue un véritable enjeu. Des financements supplémentaires à hauteur de 30 millions d’euros (dont l0 millions d’euros pour le rachat d’hôtel et 2 millions d’euros pour l’expérimentation sur le développement de modulaire en Ile de France) seront déployés sur 2021 et 2022.

Comme le montre le dernier numéro du journal de l’Unafo Action Habitat, les acteurs du logement accompagné se sont fortement mobilisés (et continuent de se mobiliser) pour faire en sorte que cette crise ne se propage pas davantage. Pourtant, les gestionnaires sont quasiment exclus de toute prise en charge des surcoûts liés à ces actions. Ils ont le sentiment que leurs efforts n’ont pas été reconnus et manquent de moyens pour poursuivre ces actions. Quel message souhaitez-vous transmettre à ces salariés et à nos organismes adhérents, confrontés pour certains d’entre eux à des difficultés économiques ?

Les salariés du logement accompagné ont admirablement travaillé pendant la crise et leur engagement a été exemplaire. Il a permis le maintien de l’accompagnement de personnes très souvent vulnérables. La question des difficultés économiques des organismes devra être rapidement mise sur la table.

La loi de finances approche. Chaque année l’Unafo plaide pour une revalorisation de la subvention de 16 euros pour les pensions de famille mais aussi pour une revalorisation de l’aide à la gestion locative sociale. L’enveloppe de cette subvention votée chaque année est de 26 millions d’euros, mais seulement 18 millions sont effectivement versés chaque année aux résidences sociales, au détriment de nombreuses résidences. Etes-vous prête à engager un travail sur le sujet ?

Je suis non seulement prête à m’engager, mais nous l’avons déjà fait ! Le budget 2021 prévoit 17 millions d’euros afin de revaloriser le forfait des pensions de famille, qui passe de 16 à 18 euros, soit une hausse de 12% du financement du fonctionnement de ces structures. Le PLF 2021 reconduit le financement de l’AGLS à hauteur de 26 millions d’euros, qui sont délégués aux préfets de région. Ce sont eux qui ont la responsabilité d’allouer au mieux et en fonction des besoins ces crédits : nous leur avons signalé et continuerons de le faire l’importance de bien prévoir les crédits nécessaires au financement de ces projets. Je suis et resterai très attentive aux situations qui me remontent parfois et où certains projets s’avèrent véritablement bloqués. Mais je suis également très attachée à la décentralisation de la gestion des crédits, en donnant aux services déconcentrés le plus de souplesse et de capacité d’adaptation possible aux réalités de terrain.